Le prince héritier saoudien craint « l’effondrement » de l’économie mondiale en cas de guerre avec l’Iran

Le prince héritier saoudien, Mohamed ben Salmane, a prévenu qu’une confrontation entre le royaume wahhabite et l’Iran menacera « les intérêts mondiaux » lors d’un entretien avec une chaîne américaine.

Une guerre entre l’Arabie saoudite et l’Iran provoquerait un « effondrement total de l’économie mondiale », a prévenu dimanche le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane dans un entretien télévisé aux Etats-Unis.

« Si le monde n’agit pas fortement, fermement, pour dissuader l’Iran, nous assisterons à une escalade encore plus grave qui menacera les intérêts mondiaux », a affirmé « MBS » lors de l’émission « 60 Minutes » sur la chaîne CBS. Et d’ajouter : « l’approvisionnement en pétrole sera perturbé et les cours grimperont à des hauteurs inimaginables, que nous n’avons jamais vues de notre vivant ».

Selon lui, les conséquences d’un tel conflit toucheraient la planète entière : « la région représente environ 30 % de l’approvisionnement mondial en énergie, à peu près 20 % du trafic mondial de marchandises, environ 4 % du PIB du monde. Imaginez que ces trois choses-là s’arrêtent toutes ».

« Cela signifiera un effondrement total de l’économie mondiale, et pas seulement de l’Arabie saoudite ou des pays du Moyen-Orient », a-t-il avancé.

Il a estimé absurde l’attaque menée le 14 septembre contre des installations pétrolières saoudiennes, et que Riyad et Washington attribuent à l’Iran. « Il n’y a pas d’objectif stratégique. Seul un dingue attaquerait 5 % de l’approvisionnement mondial. Le seul but stratégique est de prouver qu’ils sont stupides et c’est ce qu’ils ont fait », a lancé le fils du roi Salmane.

Affaire Khashoggi : « je dois assumer ma responsabilité »

Il a également été Interrogé pour savoir s’il avait ordonné l’assassinat du journaliste critique du régime Jamal Khashoggi à Istanbul en octobre 2018. « Absolument pas, a-t-il répondu. C’était un crime horrible. Mais j’assume mon entière responsabilité en tant que dirigeant de l’Arabie saoudite, en particulier puisque c’est le fait d’individus travaillant pour le gouvernement saoudien ».

« Quand un crime est commis contre un ressortissant saoudien par des responsables travaillant pour le gouvernement saoudien, en tant que dirigeant je dois assumer ma responsabilité. C’était une erreur », a-t-il ajouté.

Le corps du journaliste, disparu après être entré dans le consulat saoudien d’Istanbul, n’a jamais été retrouvé, et les circonstances de son assassinat jamais clairement établies.

Mohammed ben Salmane a été mis en cause par un expert indépendant de l’ONU, qui a trouvé des « preuves crédibles » de son implication, tandis que la CIA estime probable que le prince héritier ait ordonné l’assassinat. La justice saoudienne a en revanche blanchi l’homme fort de la monarchie wahhabite, et incarcéré plus d’une vingtaine de personnes dans l’enquête sur cet homicide, dont cinq risquent la peine de mort.

↑
Quitter la version mobile