Propulsé dans le milieu politique après l’assassinat de son père, Saad Hariri a dirigé à trois reprises le gouvernement du Liban. Sa démission, le 29 octobre, sous la pression de la rue, est inédite dans l’histoire du pays. Portrait.
Âgé de 49 ans, cet homme d’affaires, né en Arabie saoudite, a été propulsé en politique en 2005 après l’assassinat de son père, le milliardaire Rafic Hariri. Il a hérité de ce dernier une immense fortune, issue de l’entreprise de construction Saudi Oger – qui a fait faillite en 2017. En septembre dernier, Saad Hariri a été contraint d’annoncer la suspension de sa chaîne de télévision, Future TV, proche de son parti politique, Courant du futur. Selon Forbes, sa fortune était toutefois estimée à 1,5 milliard de dollars en 2018.
Reprendre le flambeau sunnite
L’entrée en politique de Saad Hariri a pour objectif de reprendre le flambeau du patriarche, l’ex-Premier ministre Rafic Hariri, assassiné le 14 février 2005 dans une voiture piégée à Beyrouth. Un attentat à la voiture piégée qui a plongé le Liban dans la tourmente.
Depuis sa première accession au pouvoir en 2009, Saad Hariri a dirigé trois gouvernements, dans un pays habitué aux crises politiques à répétition. Son premier « gouvernement d’union » avait rendu l’âme en 2011 après la démission des ministres du camp du Hezbollah, mécontents des accusations portées contre leur camp dans l’enquête sur l’assassinat de Rafic Hariri. Saad Hariri avait alors quitté le pays durant de longues années, vivant notamment à Paris, pour des questions de « sécurité » selon ses proches.
Sous pression souadienne
De retour au pouvoir en 2016 dans le but de faire contrepoids face au Hezbollah, Saad Hariri a été soumis à une très forte pression saoudienne. Au point de se retrouver au cœur d’un feuilleton rocambolesque en novembre 2017 quand il est retenu à Riyad par la famille royale, allié traditionnel et soutien financier de sa famille. Il avait été contraint d’annoncer sa démission à la télévision depuis l’Arabie saoudite, et de dénoncer dans ce discours la « mainmise » du Hezbollah et de l’Iran sur le Liban. Saad Hariri avait alors dû compter sur une intervention de la France pour se sortir de ce guêpier.
