Par:djamel benali
Dans le monde du football, tous les matchs ne se jouent pas sur le terrain. Certains se déroulent dans les coulisses, là où les intérêts croisent l’influence, et où les calculs sportifs se mêlent aux considérations politiques et médiatiques. Au cœur de cette équation se trouve le président de la FIFA, Gianni Infantino, qui se retrouve une nouvelle fois confronté à une affaire qui continue de hanter le football international : l’affaire Michel Platini.
Il est naturellement du droit d’Infantino de défendre sa position devant la justice et l’opinion publique. Mais il est tout aussi légitime que les observateurs s’interrogent sur le calendrier de certaines prises de position et initiatives médiatiques. Chaque fois que le dossier Platini refait surface, de nouveaux sujets semblent émerger, comme pour détourner l’attention des questions les plus embarrassantes.
La relation entre Infantino et la France apparaît aujourd’hui plus complexe que jamais. D’un côté, il est impossible d’ignorer le poids de la France dans le football mondial. De l’autre, le nom de Michel Platini, l’une des plus grandes légendes du football français, demeure omniprésent dès qu’il est question de gouvernance et de transparence au sein de la FIFA. Comme si les trajectoires des deux hommes restaient irrémédiablement liées par un conflit qui dépasse les simples rivalités personnelles.
Cependant, le véritable problème ne réside pas seulement dans l’opposition entre deux figures du football. Il concerne également la perception d’une certaine sélectivité dans les positions adoptées par les instances internationales. Lorsqu’une affaire bénéficie d’une forte visibilité médiatique, les réactions se multiplient rapidement. En revanche, d’autres drames touchant le monde du sport ou des populations civiles suscitent souvent beaucoup moins d’attention.
La défense de la liberté de la presse est un principe fondamental. Mais ce principe ne peut être crédible que s’il s’applique de manière universelle et cohérente. Les valeurs d’humanité, de justice et d’équité ne sauraient être invoquées à géométrie variable selon les circonstances ou les intérêts du moment.
Entre Infantino et Platini, la France apparaît ainsi comme un acteur omniprésent dans une controverse qui continue de diviser le monde du football. Quant à l’opinion publique, elle semble de moins en moins sensible aux opérations de communication et de plus en plus attentive aux questions de fond : la transparence, la responsabilité et l’exemplarité des dirigeants sportifs.
La question demeure donc entière : assiste-t-on à une défense sincère des principes ou à une nouvelle tentative de détourner l’attention des véritables enjeux ? C’est peut-être là que réside cet « amour interdit » entre politique, communication et football mondial.
