Le président bolivien Evo Morales annonce sa démission

En Bolivie, le président Evo Morales a annoncé dimanche à la télévision qu’il quittait ses fonctions. Une vague de contestation secoue le pays depuis sa réélection controversée il y a trois semaines.
« Je renonce à mon poste de président », a déclaré à la télévision le leader indigène de 60 ans, au pouvoir depuis 2006 et dont l’armée et la police venaient de réclamer le départ.
« Le coup d’État a eu lieu », a ajouté, à ses côtés, le vice-président Alvaro Garcia Linera, qui a aussi démissionné.
Mandat d’arrêt ?
Quelques heures plus tard, Evo Morales a dénoncé ce qu’il a décrit comme un mandat d’arrêt policier « illégal » le visant. Dans un communiqué publié sur Twitter, le dirigeant socialiste a déclaré que son domicile avait été attaqué par des « groupes violents ». Le chef de la police bolivienne, qui s’exprimait à la télévision, a démenti l’existence d’un mandat d’arrêt visant Evo Morales.
Evo Morales Ayma✔@evoespueblo
Denuncio ante el mundo y pueblo boliviano que un oficial de la policía anunció públicamente que tiene instrucción de ejecutar una orden de aprehensión ilegal en contra de mi persona; asimismo, grupos violentos asaltaron mi domicilio. Los golpistas destruyen el Estado de Derecho.
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Mais l’un des principaux opposants à l’ex-président, Luis Fernando Camacho, qui a joué un rôle clé dans le mouvement qui a conduit à sa démission, a confirmé l’existence d’un mandat d’arrêt contre lui : « Confirmé !! Ordre d’arrestation pour Evo Morales !! La police et les militaires le recherchent dans le Chaparé », a-t-il écrit sur Twitter. Le Chaparé est le fief d’Evo Morales, dans le centre de la Bolivie.
Un peu plus tôt, la police avait arrêté la présidente du Tribunal suprême électoral (TSE), Maria Eugenia Choque, sur ordre du parquet, qui enquête sur des irrégularités commises dans le scrutin d’octobre, ainsi que le vice-président du TSE, Antonio Costas. Tous deux, emmenés par des hommes encagoulés ou masqués, ont été présentés aux médias au pied d’une estrade où se trouvaient assis des gradés de la police.
Des milliers d’habitants ont déferlé dans les rues du pays pour célébrer cette annonce, agitant le drapeau bolivien, entre rires et larmes après la violente vague de contestation qui a fait trois morts et 383 blessés.
« Une leçon au monde »
« Nous avons donné une leçon au monde, demain la Bolivie sera un nouveau pays », s’est exclamé Luis Fernando Camacho, dirigeant le plus visible et radical de l’opposition, qui s’était rendu plus tôt au siège du gouvernement à La Paz pour y remettre symboliquement une lettre de démission à signer par Evo Morales, ainsi qu’un exemplaire de la Bible.
Retranché dans son fief politique, la zone de production de feuilles de coca de Chimoré, dans la région de Cochabamba (centre), Evo Morales a finalement cédé aux appels au départ en fin d’après-midi. Dénonçant comme une « décision politique » l’appel de l’Organisation des États américains (OEA) à l’organisation d’un nouveau scrutin, il a affirmé : « Mon péché (est) d’être indigène, d’être producteur de coca. »


