Crise politique au Canada : Justin Trudeau a enfreint la loi sur les conflits d’intérêt
Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a enfreint la loi sur les conflits d'intérêt en tentant de faire pression sur son ex-ministre de la Justice dans une procédure judiciaire, selon un rapport du commissaire à l'éthique.
La situation se complique pour le Premier ministre canadien Justin Trudeau à quelques mois des élections législatives. Selon un rapport publié mercredi 14 août, le chef du gouvernement a enfreint la loi sur les conflits d’intérêt en tentant de faire pression sur son ex-ministre de la Justice dans une procédure judiciaire visant la société SNC-Lavalin.
Ce rapport, rédigé par un haut fonctionnaire indépendant relevant du Parlement, risque de relancer la polémique sur ce scandale, qui a secoué le gouvernement libéral de Justin Trudeau en début d’année.Il avait entraîné la démission de deux de ses ministres et l’effondrement des Libéraux dans les intentions de vote.
« La position d’autorité » de Justin Trudeau
Le Premier ministre canadien et son entourage avaient été accusés par l’ex-ministre de la Justice Jody Wilson-Raybould, qui est également procureure générale, d’avoir exercé sur elle des pressions « inappropriées » pour éviter un procès criminel au géant de l’ingénierie SNC-Lavalin, ce qu’elle a refusé de faire.
L’entourage de Justin Trudeau a ainsi « demandé de façon irrégulière à la procureure générale de tenir compte d’intérêts politiques partisans dans cette affaire, ce qui va à l’encontre des principes constitutionnels bien établis encadrant l’indépendance du poursuivant et la primauté du droit », précise le communiqué. « M. Trudeau était, en sa qualité de Premier ministre, le seul titulaire de charge publique en mesure d’exercer une influence sur la décision de la procureure générale relativement à son éventuelle intervention dans un dossier lié à une poursuite criminelle », poursuit le communiqué.
De prochaines élections
SNC-Lavalin a passé plusieurs mois à tenter d’obtenir du gouvernement un règlement à l’amiable des accusations de fraude et de corruption liées à ses activités en Libye, ce qui lui aurait permis de payer une amende et d’éviter des sanctions plus sévères en cas de condamnation.
Le Premier ministre a toujours nié avoir agi de manière inappropriée, mettant en avant les nombreuses pertes d’emplois liées à cette éventuelle condamnation, qui aurait privé l’entreprise de juteux contrats publics, mais son image est sortie ternie de cette affaire.
Cette crise politique qui secoue le gouvernement Trudeau survient à quelques mois d’une élection législative, prévue en octobre, à l’issue incertaine pour le parti Libéral au pouvoir.


